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Filmosaure | September 1, 2016

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les Mille et Une Nuits – Le Désolé (2015)

Betty Elms
  • On August 11, 2015
  • http://cinemabook.wordpress.com/

Review Overview

Note
9

Repas de fête

Sortie (France) : 29 juillet 2015

Voici le deuxième volet des Mille et Une Nuits, après “L’Inquiet”, “Le Désolé”. Fresque docu-politique de Miguel Gomes sur le Portugal en pleine crise, qui vient rythmer nos sorties de l’été.

Gomes nous a laissé avec son projet un peu fou, celui de nous brosser un portrait du Portugal, inspiré des événements liés au plan d’austérité du gouvernement, qui avait appauvri l’ensemble du peuple portugais. Les histoires qu’il nous raconte viennent de faits divers relevés par des journalistes tout autour du pays pour le tournage. Nous voici maintenant aux 2/3 de cet ouvrage fleuve de plus de 6 heures découpés en trois parties. Le premier volume était un démarrage, une introduction sur un projet insolite et aux frontières du cinéma, avant-gardiste ! Ce deuxième volume peut enfin prendre son envol et nous faire découvrir l’ambition exacte du projet dans toute son envergure. Trois contes forment – le désolé -. Le premier conte nous est présenté comme épique, et lance la chronique sociale. Le second conte perce enfin le mystère autour du projet, et délivre une pièce délicieuse ! Un procès carnavalesque, enchanté, et rempli d’humour décalé pour nous parler de la métaphore du film et de cette société comme théâtre de notre sujet. Un nouveau relief apparaît alors, et le réalisateur se libère des dernière chaînes qu’il avait jusqu’ici.

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Gomes réussit son pari pleinement, combiner le sacré avec la réalité sociale, dure et implacable. La clé du film se trouverait-elle dans cette séquence centrale ? La société tout entière est jugée dans ce théâtre absurde qui penche désormais dans la fiction sociale.

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Le troisième conte vient nous prouver le nouvel élan de ce film, puisque nous suivons les traces d’un chien fantôme, Dixie, au sein d’une cité appauvrie, rythmée par ses habitants tantôt incarnés tantôt fantômes. Qui vient confirmer le ton ce cet opus, tragique et désolé. Si le sujet est clairement négatif, il permet ici de prendre de l’ampleur. Le temps d’attente entre chaque volet permet de faire monter le désir et surtout laisser le temps d’imaginer le tableau final. Gomes, comme dans ses précédents films nous montre ici que son talent devient éblouissant lorsqu’il part dans la fiction et va au bout de son idée initiale.

Synopsis

Suite du récit de Miguel Gomes qui suit le schéma du récit de Schéhérazade raconte pour ce deuxième volet comment la désolation est arrivée : « Ô Roi bienheureux, on raconte qu’une juge affligée pleurera au lieu de dire sa sentence quand viendra la nuit des trois clairs de lunes. Un assassin en fuite errera plus de quarante jours durant dans les terres intérieures et se télétransportera pour échapper aux gendarmes, rêvant de putes et de perdrix. En se souvenant d’un olivier millénaire, une vache blessée dira ce qu’elle aura à dire et qui est bien triste ! Les habitants d’un immeuble de banlieue sauveront des perroquets et pisseront dans les ascenseurs, entourés de morts et de fantômes, mais aussi d’un chien qui… ». 

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