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Filmosaure | September 20, 2020

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2 Comments

Journal de Cannes 2013 – Jour 1

Stéphanie Valibouse

Cannes, 1er jour. Neuf heures trente hahème.

C’est sous une averse et heureuse d’avoir pensé au parapluie que j’amorce ma première file d’attente afin de visionner Gatsby le magnifique, dernière réalisation de Baz Luhrmann. Fidèle à sa tendance de l’an dernier, la météo se dégrade dès le premier jour du Festival de Cannes et arrose les journalistes tassés en rang d’oignon au pied du Palais des Festivals et des Congrès. Regroupés par couleur d’accréditation, nous nous retrouvons, bavardons, commentons lesdites couleurs. Devant moi, un groupe d’animateurs appartenant à une sombre radio autoroutière font preuve d’une arrogance sans bornes. “Hé, j’ai une bleue, mais ils veulent qu’on échange, moi je m’en fous d’être avec les jaunes hein, mais qu’ils se décident. Oui Monsieur ? Vous allez où ? Hahaha il dit qu’il va au Festival de Cannes le papy  !”. Le petit monsieur repart tout penaud avec sa réponse durement gagnée, son invitation dans les mains.

Les blancs et roses précèdent les bleus qui passent avant les jaunes – et malgré une file ininterrompue de personnes plus prioritaires que moi, je finis par entrer, toute émue de cette première victoire. Dehors, ils installent le tapis rouge pour ce soir.

Tapis Rouge Festival Cannes 2013

Spielby le magnifique

À 12h20, je sors de la projection de Gatsby le magnifique, assez penaude à mon tour. J’attendais beaucoup de ce film, et seuls Leonardo et Carey Mulligan semblent retenir mes faveurs après ce fiasco. Où est le Baz Luhrmann qui m’a fait pleurer d’innombrables fois devant Moulin Rouge ! ? Dubitative, je me dirige vers le stand Nespresso où les accrédités se pressent sans vergogne afin de grappiller une tasse du précieux breuvage. Premier jour et déjà un café, alors que je n’en bois absolument jamais, ça promet.

J’en profite pour confier mes impressions à la caméra inquisitrice d’Après la séance (“j’adore Baz Luhrmann, je suis déçue hein, rah je suis déçue”) et retrouve mes deux colocs pour une virée Fnac, en quête de supports à faire dédicacer au Jury, dont Steven Spielberg et Ang Lee, entre autres, font partie. Tout en sachant que j’ai 5% de chances pour que ça fonctionne, j’achète enfin le Blu-Ray de l’Odyssée de Pi, petite merveille sortie en fin d’année dernière (j’ai déjà Jurassic Park dans toutes ses versions imaginables à la maison, je me vois mal racheter un coffret). Un demi-Subway à la volée plus tard (je déculpabilise car au moins, ce n’est pas un McDo), nous attendons pressés contre les cordes de sécurité. J’entraperçois les cheveux de Leonardo qui sort de sa conférence de presse – bon, c’est déjà ça de gagné. Mais pourquoi ces journalistes sont-ils tous aussi grands ?

Lorsque le Jury arrive enfin, tout se bouscule. Les gens hurlent “Spielberg ! Steven !”, tandis que je guette Ang Lee. Marine, devant moi, lui passe mon Blu-Ray dans un élan de dextérité inégalée, tandis que, les jambes flageolantes, je tente en vain de serrer la main de Spielberg. Je me retrouve devant le type qui a créé Jurassic Park, qui a inspiré le nom de la Filmosaure. Tremblante, je louvoie loin de la foule, mon Blu-Ray dédicacé entre les mains. Mon Précieux.

Dédicace Ang Lee Odyssée de Pi

I’m tweetin’ in the rain

J’estime avoir assez glandouillé comme ça – toutes proportions gardées, cette journée s’avérant terriblement productive – et me dirige en salle de presse pour mes premiers articles. Après un tour au Marché du film, où se croisent films en quête de visibilité et distributeurs potentiels, je fais la terrible erreur de prendre mon temps avant la projection presse de 19h. ErrreeeUUUUUUR ! Je n’avais pas compté sur la cérémonie d’ouverture bloquant 90% des accès habituels autour du Palais. Je me re-perds dans le Palais. Je me perds à l’extérieur du Palais.

J’erre 30 minutes en pestant, à quelques mètres de la file d’attente que je guigne – mais séparée de mon but par cette satanée montée des marches – à laquelle je ne vois absolument rien, évidemment, car l’endroit est inondé de monde (et de la pluie qui a repris de plus belle). Face aux marches, une ribambelle d’escabeaux accueille ses courageux propriétaires, sur place depuis le matin, espérant gagner un peu de hauteur pour apercevoir les stars.

escabeaux à Cannes

Enfin en lice pour voir Heli, le prochain film, je manque (visuellement mais non sonorement) une cérémonie d’ouverture ponctuée de hurlements féminins (“Please welcome LEONARDO DI CAPRIO ! – HIIIIIII !”), tandis que la pluie nous douche littéralement. La fatigue se fait ressentir, et Heli, globalement soporifique, achèvera de me plonger dans une douce torpeur seulement interrompue par deux ou trois scènes d’une violence quasi insoutenable.

Bienvenue à Cannes.

Retrouvez mes pérégrinations au Festival en live sur Twitter : @Eowenn

Comments

  1. Objectif pour l’année prochaine : achat d’échasses !

  2. Arnaud POTTIER ROSSI

    Merci pour le partage de ta 1ère journée au Festival!! Bon courage pour les prochaines on attend tes comptes rendus avec impatience. Bises

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